Vie et vocabulaire.
La psychologie de l’homme semble être liée à sa capacité à exprimer des pensées abstraites, des sentiments. Lorsqu’il était ignorant de la science, lorsqu’il la créait il a eu besoin de mots pour définir ce qu’il ne pouvait expliquer, de tournures de phrases complexes pour s’exprimer au plus proche de son ressenti, avec toutes les nuances que la vie pouvait procurer. Sed tournant de plus en plus vers la science, le rationnel, l’homme abandonne les mots et les formes nuancés, préférant un monde de chiffres, d’équations complexes, de symboles. Du ressenti, l’homme est passé à l’explicatif, il ne vie plus en s’écoutant, mais en expliquant ce qui l’entoure, bannissant l’inconnu, qui lui fait si peur. Ce faisant, l’homme se déshumanise, perdant sa faculté à sentir, à écouter son instinct, son envie, il se binairise, car s’il avait créer des mots pour définir ses valeurs, exprimer ce que son cœur lui dictait, étalée sur une table, expliquée, disséqué, la « magie de la vie » n’a plus rien de merveilleux. Les mots se perdent, le passif et le subjonctif rejoignent petit à petit les langues mortes, laissant l’homme dans son univers de chiffres et de métal, glacé comme son langage, fonctionnel comme son expression, aussi incapable de nuance que ses androïdes, se consacrant au matériel plus qu’au plaisir, plaçant la possession au dessus de l’inventivité, fermant les yeux au merveilleux. Il vit comme il parle, pauvrement, cherchant, en ayant recours à de grand théorèmes, le chemin qui lui permettra de traverser la vie en prenant le minimum de risque.
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Dernière mise à jour de cette page le 13/04/2007