La trahison de ceux qui vous ont portés est elle pardonnable ?
Que reste-il lorsque l’on sent que l’on est abandonné par la foule, par le public ?
Est-ce que celui qui a côtoyé les rêves, porté par les hommes, peut rester en vie, quant il ne tient plus rien, quant il n’a plus d’influence sur son public, quant il ne peut plus le canaliser ?
Ceux qui ont approché les anges, qu’ils soient noirs ou blancs, en gardent une fragilité, un éclat de silence. Plus longue est l’ascension, plus dure est la chute. Il n’est pas question de drogue, mais d’esprit. Est-ce la drogue qui crée l’abandon et la grâce ou est ce le vide, créer par le public qui s’éloigne, après l’engouement, que certains, plus fragiles, plus sensibles, comblent par la drogue.
Certes, ce n’est pas une responsabilité à imputer à la foule, on n’accuse pas les fans de la mort de leur idole. Mais le gouffre qu’ils laissent, lorsqu’ils se retirent est il imaginable ? Comment passe-t-on de la lumière à cette pénombre silencieuse ? Comment peut-on accepter que l’éclat soit chaque fois plus faible ?
Il est compréhensible, alors, que certains abandonnent, sur scène, un jour où l’éclat n’est plus au rendez-vous.
Entre la lumière blafarde et le noir absolu, certains préfèrent les ténèbres.
A Jim Morrison, et tout ceux qui voient s'envoller ce qui les a porté.
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