Autoportrait

En ce jour, bientôt dix sept ans,
Et si peu de temps à vivre.
L’idée d’une vie qui s’arrête ;
D’un futur de quelques jours ou de quelques heures.
Vers vous qui viendrez plus tard,
Je lance ma haine de mourir,
Mon envie de vivre et d’exister encore.
Si je pars,
J’aimerais rester près de vous,
Par cet écrit,
Par ces simples mots que me dicte mon cœur.
La Drôme, les Préalpes et la garrigue,
Lieux de liberté et de vie,
Là où j’ai vécu et là où je resterai,
Nourrissant cette terre aimée.
Enfant brune aux yeux vert, au regard vivant,
Je sens cette lueur qui s’éteint en mes yeux.
J’aimais la vie, rien ne me faisait peur,
J’aimais par-dessus tout, à défier la mort,
Ecouter le silence, sans trahir par des mots,
Comme le ferait l’aurore levant un jour nouveau.
La vie était mon sang et la peinture mon âme,
Je vivais dans mon temps,
Comme les autres se baladent.
Je meurs une seconde fois,
Une partie de moi-même,
Est morte en un Octobre au côté de mon père.
Cette partie qui restait ne rêvait que de vie,
De la joie de l’amour,
Trahissant tout ennuis.
J’étais ce clown triste, qu’on ne peut bien classé,
Cherchant jours après jours, une vie à jouer.
Qui selon les instants,
Devient un personnage,
Pouvant mieux être aimé de qui l’accompagne.
Riant du désespoir,
Et que son malheur fait sourire,
Comme une grande carapace pour un cœur trop fragile.
Comme on se fait un nom,
J’avais crée ma vie,
Comme s’écrit un roman,
Comme une peinture qui vit.
Il me restait à vivre,
Des passions, un métier,
La vie de la peinture, la joie de rencontrer.
Je rêvais de tout voir,
De connaître des gens,
De me nourrir d’espoirs, de vivre dans le vent.
Tous ces espoirs s’arrêtent en un instant,
Car l’homme est l’animal,
Le plus cruel de tous les temps.
Je vous dis donc «adieux»,
Gardez donc mon sourire,
Cette lueur dans mes yeux qui les faisaient briller.
Vert par temps de colère,
Marron par temps plus calme,
Ils marquaient mon humeur,
Comme on lance un signal.
Ils espéraient tout voir,
Tout graver dans mon âme,
Bientôt ils vont s’éteindre comme on jette les armes.
Enfant de l’avenir, restant dans le présent
Il ne reste que regrets pour n’avoir eu le temps.
Pour ces derniers moments, réfléchissant ma vie,
Je reste en poussière flottant dans l’infini.
J’espère laisser à vous,
Une particule de temps,
Un petit idéal battant contre courant.
Ma vie reste en ces mots,
Pour dire à la Terre,
Plainte de l’adolescent qui a connu la guerre.
Ce texte à été écris il y a quelque(ss) années maintenant, lorsque notre professeur de français s'appellait Monsieur Sudre, et que la modernité et la pilosophie de ses sujets était bien trop avancé pour le niveau mental de parents d'enfants scolarisés en école privée. Le sujet était : Faites un autoportrait comme si vous deviez mourrir demain, vous avez lz choix entre une guerre nucléaire ou une maladie incurable, ce texte est ce que vous voulez que le monde retienne de vous.
1. Céline Le 18/12/2008 à 21:31
Je suis très touchée par la fraîcheur de ton écriture... et certaine que le professeur a dû la récompenser.
Dernière mise à jour de cette page le 09/02/2007